Préparation physique du cavalier et impact sur le cheval – Partie 1 : la prise de conscience

Publié le 16 juin 2022, par Anne

Chez Rylife, nous avons à cœur d’étudier le physique et la santé du cheval. Cependant, cela passe aussi par le bien-être du cavalier. Nous nous sommes intéressés à ce sujet, en compagnie de Maxime Livio et Roger-Yves Bost. Nous avons d’abord observé l’évolution de cette prise de conscience chez les cavaliers de haut niveau. Nous nous pencherons dans une deuxième partie sur la mise en application de ce constat. (article 1/2)

Avec les années, l’attention que portent les cavaliers à leur préparation physique a nettement évolué. Longtemps considérée comme un sport à part, moins « physique », l’équitation change d’image et les cavaliers se voient de plus en plus comme des athlètes à part entière, reconnaissant l’impact de leur corps sur le cheval et prenant en compte l’entretien qui va avec.

« 80% des fautes sont des problèmes de position du cavalier »

« Quand j’étais jeune, j’étais le seul à courir, mais maintenant, le niveau technique a évolué et les performances se jouent au pourcentage près. » raconte Bosty. «  Il y a de plus en plus de cavalières, qui sont moins physiques que les gros costauds d’avant. Elles ont besoin d’être plus gainées et en forme pour rivaliser physiquement. »

Avec son œil de complétiste, Maxime Livio analyse l’importance de l’entretien physique : « Au fur et à mesure de ma carrière, j’ai fait différents constats. Le premier est que la qualité de la position et du fonctionnement du cavalier influe directement sur le bien-être et la performance du cheval. Je pense que 80% des fautes qu’on peut faire sur le dressage, le CSO ou même le cross sont des problèmes de position du cavalier. »

UN VIRAGE À AMORCER

Les cavaliers avouent cependant que le changement a été long. « La génération précédente, comme les Whitaker et d’autres, sont de très grands athlètes avec une grande longévité. Mais ce ne sont pas de grands exemples d’entretien du corps et de préparation physique. Pourtant, ils ont des résultats extraordinaires ! Il a donc été difficile d’amorcer ce virage car les gens se disaient si eux ont des résultats en vivant comme ça, pourquoi changer ? » explique Maxime Livio.

Mais le changement s’est opéré malgré tout. Bosty le remarque : « On le voit à la salle de gym le matin sur les gros concours. Il y a pas mal de cavaliers qui viennent maintenant. Ils courent un peu, s’assouplissent, font du renforcement musculaire… Boire une bière et partir sur son tour, c’était dans les années 80 ! (rires) » Selon le cavalier tricolore, ce changement a aussi été opéré par la fédération. Les cavaliers sont accompagnés sur les gros championnats par des kinés et des ostéopathes. « Plein de choses ont évolué pour le suivi des athlètes. »

UN SPORT DE PRÉCISION 

Dans les sports équestres comme dans beaucoup d’autres sports, les techniques ont évolué, se sont affinées. La conscience de notre impact sur le corps du cheval s’est également développée. « En étant plus en forme, on a plus de réflexes, on ne gêne pas les chevaux. Chacun à son corps évidemment mais il faut essayer de gêner le cheval le moins possible » explique Bosty. Dans son enseignement, Maxime Livio utilise une image concrète pour en parler : « le cavalier ne doit pas être comme un sac à dos, c’est plutôt comme si on portait un enfant sur son dos. Ce n’est pas un poids mort mais un poids vif. S’il est actif de la bonne manière, il n’est pas gênant. Mais s’il est mort ou actif de manière différenciée de celle du cheval, là il devient gênant. J’essaie donc de faire attention à moi pour être un poids le plus agréable possible pour mon cheval. »

L’IMPORTANCE DU BIEN ÊTRE PHYSIQUE 

Pour aider sa monture, il faut aussi prendre soin de son corps, en tant que cavalier. Pour le complétiste, il est très important d’être souple et bien dans sa peau. « Les raideurs musculaires impactent directement notre fonctionnement et notre lien avec le cheval. S’étirer, être souple est un avantage. Il faut éviter les accumulations de gènes au fur et à mesure de la saison pour être le plus disponible possible pour nos chevaux. » Les cavaliers se rejoignent sur cette idée : « Parfois on compense des blocages qu’on a, on se met un peu de travers et les chevaux se mettent dans ces positions aussi. Je pense qu’ils peuvent ressentir des choses et qu’un professionnel pourrait voir ce qu’on a rien qu’en regardant notre cheval ! » conclut Roger-Yves.

L’impact de l’entretien physique du cavalier sur le cheval a désormais fait ses preuves, mais comment mettre ce constat en application ? Quels exercices sont adaptés aux sports équestres ? À quelle fréquence voire des praticiens ? Retrouvez les réponses à toutes vos questions dans la deuxième partie de cet entretien, bientôt sur Rylife !

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Mathilde Jager